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L’art-thérapie

 

Atelier d'art et d'art-thérapie de Muriel Cayet
Art-thérapeute diplômée PROFAC depuis 2003, certifiée CNCP

 

 

 

PROFAC est accrédité par l' Etat pour délivrer
un Certificat d'Art-thérapeute de Niveau II - Arrêté du 17 Juin 2011 portant enregistrement au Répertoire National des Certifications Professionnelles par la Ministre auprès du Travail, de l'Emploi et de la Santé, chargée de l'Apprentissage et de la Formation Professionnelle

 

 

 


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Annuaire professionnel des art-thérapeutes certifiés CNCP

 

 

L’Art-thérapeute est un professionnel qui met ses compétences artistiques avérées et ses connaissances des difficultés psychologiques, non pas au service d’un enseignement artistique, mais de l’expression de personnes présentant des difficultés (psychologiques, physiques ou sociales).

L’Art-thérapeute travaille exclusivement sur indication médicale avec des techniques spécifiques à sa spécialisation artistique.

- Recueillir, analyser, hiérarchiser et synthétiser les demandes de prise en charge sur indication médicale.
- Définir et formuler les objectifs spécifiques et généraux du demandeur afin de mettre en place un plan d'action art-thérapeutique en choisissant le type de médiation artistique.
- Faire une proposition technique claire et présenter le processus détaillé de la prestation et formaliser la contractualisation.
- Etablir les règles du fonctionnement des séances, fixer des buts précis à l’intervention et proposer un dispositif modulable.
- Comparer les différentes productions artistiques en dégageant les progrès de l’expression et les points de blocage.
- Proposer des techniques précises de facilitation pour permettre le dépassement des blocages de l’expression créatrice.
- Intégrer ses interventions au sein d’un projet thérapeutique institutionnel.
- Elaborer et mettre en œuvre les indicateurs, les outils et les procédures d'évaluation.
- Organiser  les restitutions de l’intervention et dégager un bilan argumenté et cohérent des observations.
- Connaître précisément les démarches de formation professionnelle continue associée à un engagement dans une dynamique de recherche  
- Référer une question à un ou plusieurs courants théoriques et à intégrer des connaissances d’autres champs disciplinaires tels que la psychologie et la psychopathologie clinique.
- S’approprier les différents paradigmes de recherche permettant le choix d’une méthodologie pertinente.

Capacités attestées :
-          Pratiquer régulièrement d’une ou plusieurs techniques de médiations créatrices
-          Mettre en synergie les observations initiales et l’offre art-thérapeutique personnalisée
-          Maîtrise des techniques d’écoute active et compréhension des mécanismes psychologiques
-          Mettre en cohérence les signaux révélateurs de trouble et les techniques artistiques proposées.
-          Evaluer les compétences créatrices du demandeur.
-          Capacités rédactionnelles nécessaires à l’établissement d’un contrat art-thérapeutique rédigé à partir  d’un modèle-type.
-          Définir les variantes à partir des données initiales.
-          Utiliser des grilles d’évaluation comprenant des représentations de productions datées mises en lien avec l’évolution psychologique du demandeur. Traitements statistiques et analyses des données.
-          Référer ses interventions professionnelles aux lignes-forces du projet institutionnel et du projet thérapeutique.
-          Effectuer des recherches de partenaires professionnels à partir de bases de données locales, régionales et nationales.
-          Connaissance des démarches de formation professionnelle continue en art-thérapie associée à un engagement dans une dynamique de recherche. Connaissance des différents paradigmes de recherche.

Secteurs d'activité ou types d'emplois accessibles par le détenteur de ce diplôme, ce titre ou ce certificat

Les Art-thérapeutes travaillent dans divers domaines (social, santé, prévention…etc.).
Ils interviennent, le plus souvent, au sein d'une équipe pluridisciplinaire, en collaboration avec des médecins, des enseignants, des travailleurs sociaux, des infirmiers, et ce, sous la responsabilité exclusive d’un médecin-chef de secteur hospitalier ou d’un médecin attaché à un service privé.
Les principaux employeurs sont : les Centres Hospitaliers Universitaires, les Centres Hospitaliers Spécialisés, les Cliniques psychiatriques ou généralistes, les Instituts Médico-pédagogiques, les Instituts Médico-Educatifs, les Maisons à Caractère Sanitaire et Social (MECS), les Maisons d’Accueil Spécialisé(MAS), les Foyers d’Accueil Médicalisé (FAM), les Centres de Rééducation et de Réadaptation Fonctionnels (CRRF), les Centres Spécialisés en Médecine Physique et de Réadaptation. Secteur social: enfance, adolescence, personnes âgées, handicapés Secteur Santé  Hôpitaux psychiatriques, CATTP (Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel), hôpitaux de jour Prisons et réinsertion des détenus,  Insertion    sociale, scolaire et professionnelle - Secteur associatif. Cabinets de groupe paramédicaux.
L’Art-thérapeute peut exercer en libéral, il peut être salarié d'une institution (contractuel ou fonctionnaire), auto-entrepreneur et/ou créer une association Loi 1901.

 

 

 

Quelques points de théorie….


                                                                                 Yugen, huile sur toile - (2006)

L’Art-Thérapie est une approche psychothérapeutique qui met l’accent sur l’expression artistique du patient. C’est à travers cette expression de l’art que les difficultés internes seront exprimées.Il s'agit d'un accompagnement thérapeutique des personnes en difficulté psychologique, physique ou bien sociale, par la réalisation de leur "art" dans quelque domaine que ce soit. A noter qu'il ne faut nullement être artiste pour participer à l'art-thérapie, l'art étant simplement un support à la thérapie. 

« L’Art-Thérapie n’exclut pas le langage oral mais offre d’autres voies en rapport avec ce que Michel Ledoux appelle : "Les souvenirs du corps." Il s’agit d’un véritable travail de transformation psychique via le maniement de la matière que j’appelle volontiers en cette circonstance : « L’Amas-Tiers » . C’est bien cette rencontre avec la mise en forme des matériaux vivants qui intervient comme objet médiateur de la relation thérapeutique.Qu’il s’agisse de la matière picturale, de la danse, du chant et de toutes ces activités qui supposent une participation active du corps et de la pensée ; ces objets, ces actes seront considérés comme autant d’objets médiateurs dans la rencontre comme dans la relation aidant-aidé.
Formes, sensations éprouvées deviennent supports à l’échange comme à la mise en représentation des difficultés internes: « L’ Art-Thérapie est utilisée dans tous les domaines qui concernent les difficultés psychologiques qu’elles soient ou non liées à la situation sociale. On peut citer, par exemple : la gérontologie, la psychiatrie, les troubles dépressifs et psychosomatiques…. mais aussi le travail de prévention et plus particulièrement de la violence, car la violence est la conséquence d’un déficit de l’expression. Disons que l’Art-Thérapie doit trouver sa place dans les lieux et au lieu de la souffrance.»

«Qu’il soit peinture, sculpture, poésie ou musique, l’art n’a d’autre objet que d’écarter les symboles pratiquement utiles, les généralités conventionnellement et socialement acceptées, enfin tout ce qui nous masque la réalité, pour nous mettre face à face avec la réalité même . » (Bergson, Le Rire 1899).

Exprimer la conscience, être face à sa réalité, gommer la superficialité, entrer en soi, se révéler à soi, se regarder soi au travers de son œuvre et y voir son esprit, sa conscience, soi, intrinsèquement ; un siècle plus loin, celui qui permettra la réalisation de l’autre à travers une œuvre d’art fera de même, et pensera de même !Grâce à l’étude du récit de vie selon Primo Levi et l’expérience acquise dans les ateliers d’écriture, certains effets positifs de la création littéraire peuvent être dégagés :

- La levée d’inhibition
- La manifestation de résistances inconscientes
- La symbolisation progressive
- Le travail de réécriture
- Le lien entre œuvre créatrice et analyse
- Le travail de visualisation
- Les éprouvés revisités
- La reviviscence de l’événement par les mots.

Aller à la rencontre de soi grâce à ces outils que sont une toile blanche et des couleurs,  c’est parcourir un chemin qui mènera non pas du néant, mais de la matière brute, de la diversité de choses désordonnées à l’agencement, à l’arrangement, à la mise en scène, à la mise en œuvre. Nous verrons comment se réalisera l’alchimie qui permettra de faire forme, de composer une œuvre, en toute liberté, en toute quiétude, sans jamais se sentir isolé, mais sans se sentir entravé. Une rencontre avec la matière, en l’occurrence les couleurs, matière que l’on travaille, que l’on étale pour mieux reconstruire, celle qui symbolise, celle qui dit, qui enseigne, qui apprend qui on est, qui permet de comprendre.
La première création passera avant tout par le dépassement de l’effroi, de l’angoisse, celle de la toile, de la feuille blanche, de la masse informe à travailler, à maîtriser pour mieux se l’approprier, lui donner un sens, la rendre porteuse de son histoire. L ’activité créatrice est bien le processus qui apporte une nouveauté à soi-même, mais aussi un étonnement, une surprise, qui transforme en partant d’une expérience globale, soi, la toile et les couleurs.Le but de la rencontre, qu’elle soit duelle ou groupale, dans le cadre de l’atelier, n’est pas – forcément – de créer une œuvre esthétique, mais surtout de toucher la réalité interne de chacun vers une réelle connaissance de soi, un véritable développement personnel, support de changement.
L’œuvre permet de se recentrer sur soi, de trouver un sens, d’en donner, d’accepter d’en voir un, de conférer une identité à l’œuvre ainsi accomplie, aboutie, unie, à cette œuvre qui sera passée de l’amas, de cette chose qui ne veut rien dire, qui ne ressemble à rien, mais qui permet toutes les réalisations et tous les accomplissements, parce que précisément, elle est en devenir.

Partir à l’exploration de soi : c’est ce qu’offre l'atelier en permettant de clarifier la situation, d’appréhender le contenu symbolique et de constater le retentissement de la création sur son existence.

Jean-Pierre Klein dit que « l’art-thérapie qui préconise le débrayage dans l’œuvre,aboutit à des productions dont l’intérêt est justement leur ambiguïté qu’elle respecte, au moins en partie. L’art-thérapie est un masque qu’il en faut pas dévoiler trop précocement et inconsidérément.
[…] Elle réintroduit la spatialité, alors que la personne collait avec sa souffrance et sa pathologie jusqu’à s’y résumer.
Le détour par le support artistique révèle ce que les procédés habituels de la psychothérapie sont parfois impuissants à mettre en évidence. Les productions sont une figuration du mystère car, selon nous, l’art-thérapie ne se déroule pas dans la clarté ( de l’interprétation forcée) qui n’est pas le meilleur chemin vers la lumière. […] La traduction en significations sert de masque à (leur) fascination pour l’art et pour la folie. »
Dans le cadre de cette réflexion, nous allons nous attacher à quelques mots clé énoncés par JP Klein : ambiguïté, spatialité ( ou encore distance) ; détour, figuration du mystère, quatre éléments se rapprochant du masque.
Dans nos sociétés, l’individu vit masqué, masqué le plus souvent à lui-même. Le port de ce masque invisible et neutre, libère de ses expressions, des mimiques signifiantes de sa problématique l’individu qui s’en pare, qui se déguise avec, qui se protège. Mais derrière ce masque, un autre peut tomber, permettant une dynamique d’échanges basés sur la communication entre corps physique et psychique, entre plusieurs intervenants. Porter un masque n’est pas forcément occulter le regard de l’autre, ni se cacher, se dissimuler, mais c’est aussi cultiver le mystère, ne pas révéler immédiatement tous ses atours, oser la distance.
Porter un masque entraîne presque obligatoirement de « tomber le masque ».
Cet accessoire permet de se cacher, de créer une distance mais elle est éphémère, elle ne perdure pas ; le masque doit tomber à un moment ou à un autre.  
C’est sa destination secondaire – et sans doute principale-  que de tomber. Permettre de se mettre à jour, de révéler, de prendre conscience, d’intégrer.
Quatre phases que le patient va découvrir en art-thérapie.
Sous un masque, on est a priori à l’abri, caché, protégé. Mais ce qui est importe est ce qu’il y a en dessous de ce masque, de ce qui va être révélé par le médiateur choisi par l’art-thérapeute en l’occurrence.
C’est cet arrachage du masque, cette prise de conscience, cette mise en lumière des souffrances qui permettra le rejet, l’expulsion et l’intégration. C’est ce détour qu’évoque JP Klein ( la vérité n’est pas immédiatement accessible, elle est sous le masque ) cette ambiguïté, cette figuration du mystère ( l’art-thérapie n’est pas un test projectif ; le thérapeute ne donne pas de signification de l’œuvre réalisée par le patient), cette spatialité ( la distance prise par le patient avec son œuvre, le rôle du thérapeute, la parole).

En art-thérapie, quelque chose doit tomber, comme le masque, c’est ce qui faisait souffrir, c’est ce que le corps refusait.
Prenons l’exemple d’un dessin ou d’une toute autre production plastique. Sa réalisation va permettre un lien entre ce qui se raconte au moyen du crayon, des couleurs et le patient, ses affects, sa mémoire et sous ce dessin, cette peinture, sous la réalisation de ces œuvres se cache la connaissance de soi, l’aboutissement de ce processus étant bien la prise de conscience, la remontée à la mémoire vive d’un passé enfoui, occulté, « masqué ».
La parole, les larmes vont alors opérer et le patient va expulser, rejeter, ces douleurs ( nous y reviendrons plus loin en évoquant l’art-thérapie et l’ethnopsychiatrie) et inverser le processus, retourner l’énergie.
Cette intégration va permettre une nouvelle orientation.
Autrement dit, la révélation, ce qu’il y a sous le masque, va être confiée à un support, un médiateur, miroir de la situation encore inconsciente.
La mise à distance de la problématique ( la spatialité) s’opérera dans un deuxième temps.
Le retournement, l’inversion, encore appelée transmutation suivra : c’est l’instant magique de la guérison.
La dernière phase étant bien sûr l’intégration, le masque est tombé, le patient se re-connaît.

Le masque, utilisé par l’humain depuis d’ère paléolithique et ce à travers les différentes cultures et les différentes époques, a souvent servit de médiateur avec le monde des dieux et des esprits et donnait à celui qui le portait un pouvoir particulier, lui permettant de transcender son identité quotidienne.
L’art-thérapie permet au patient d’accéder à des sentiments enfouis parce qu’ «  elle travaille dans le « mine de rien » en utilisant une stratégie de détour, une ruse qui permet de contourner les résistances au changement » ( JP Klein).

« Le but est de partir, dans le dans le cadre d’un processus créatif, de ses douleurs, de ses violences ; de ses contradictions pour en faire le matériau d’un cheminement personnel. Du pire naît ainsi une construction, une production qui tend vers l’art. »                                                                ( JP Klein)

La fonction de l’art-thérapeute consiste à accompagner discrètement le patient, sans jugement, de l’encourage à poursuivre un mouvement, une forme, pousser, avec beaucoup de prudence, comme le souligne JP Klein, vers plus de profondeur, car c’est lorsque la personne lâche prise et quitte la superficialité que la thérapie avance.
On parle de surprises de conscience : «d’un seul coup le sens de leur production s’impose. C’est comme si une évidence longtemps secrète leur sautait aux yeux. »                                                     ( JP Klein)

Mais certaines personnes poursuivent leur thérapie sans qu’aucune surprise n’intervienne , et cela ne signifie nullement que la thérapie n’évolue pas. Mais chacun doit toujours pouvoir poursuivre son cheminement à son rythme, sans être brusqué par des révélations qu’il n’est pas prêt à entendre (le rôle du thérapeute doit être d’orienter, de soutenir la réflexion en posant des questions larges). Nous sommes bien ici en présence d’un « masque » : distanciation objective, puis prise de conscience.
Le masque tombe vers et pour une meilleure connaissance de soi, ou une re-connaissance. Le masque fait songer au mystère, à l’étonnement. Et c’est dans le respect du mystère et l’étonnement précisément, qu’apparaîtra une réorganisation des douleurs et des souffrances intérieurs, en se racontant séance après séance.
Tout acte de créativité est aussi un leurre, mais l’art-thérapie permet d’accompagner ce mystère, cette énigme intérieure à travers des œuvres que l’on ne cherchera pas à interpréter immédiatement, mais qui serviront de support, qui se chargeront de sens par la répétition d’un mouvement ou d’une forme.
C’est aussi un moyen de passer de l’état d’objet à celui de sujet.

L’atelier, le cadre de l’art-thérapie, va devenir un lieu entre le patient et le thérapeute. L’atelier, transfert qui permet une demande « masquée » derrière une approche, une technique. Le patient va établir une distance entre lui et son histoire, en racontant une histoire ou en peignant une toile ou encore en dessinant. Des traits, des couleurs, des histoires, de la fiction !
Mais à force de se répéter, la fiction crève les yeux et … le masque tombe !

«Donnez un masque à l’homme, il vous dira la vérité » Oscar Wilde.
Le patient a créé, une œuvre, une danse, une musique, une ébauche, qui ne dure pas, tout comme le masque, éphémère dans sa destination. Ce travail, dont il se séparera, qu’il aura réalisé avec plaisir, va permettre une symbolisation, une redéfinition de son rapport au monde, la création d’une nouvelle mémoire.

 

 

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                                          Après l'accident de J. Beuys, huile sur toile - (2006)

L’art du Dr Beuys …

Il est question des œuvres du Dr Beuys et la lecture de ce texte faisant référence à ses œuvres m’a immédiatement plongée dans une réflexion relative à la mise en forme et en place de textes spécifiques écrits dans un but thérapeutique, d’outils à visée thérapeutique donc, , mais j’en parlerai plus loin.
Puisqu’il est question de Beuys, je me suis mise en quête d’informations sur cet artiste et pas seulement artiste.
Joseph BEUYS, peintre allemand, né à Krefeld en 1921 et mort à Düsseldorf en 1986). Selon une légende soigneusement entretenue par l’artiste lui-même sa vie durant, c’est à une expérience traumatique – un accident d’avion survenu en Crimée en 1943, alors qu’il était pilote de la Luftwaffe et un long séjour dans la tribu tatare qui l’a recueilli, que Joseph Beuys doit à la fois le contenu de son engagement artistique – il s’est voulu artiste chaman porteur des vertus cathartiques et thérapeutiques de l’art – et le choix de ses matériaux – le bois, le feutre, la graisse, le soufre, le miel.
Sa philosophie : «  chaque homme est un artiste » ( chaque homme est capable d’accomplir la métamorphose sociale que l’art social veut entreprendre puisque chacun est à même de créer, pour que sa métamorphose réussisse chaque homme doit y participer et s’y investir ; ainsi l’homme sera libre car la créativité c’est l’autodétermination et donc la liberté qui permet de prendre conscience de soi et ainsi de s’affirmer pour changer le monde). « L’homme être créatif par excellence doit obligatoirement s’opposer au monde insupportable ». dit –il.

Toute son œuvre s’articule autour d’un thème : l’homme en rupture avec la réalité qui l’entoure et ses réalisations ne sont pas réalistes puisqu’elles forcent la réflexion, ; son but est de faire penser le spectateur ( la graisse est énergie, le feutre est isolant, le cuivre conduit la chaleur…)
Pour lui, l’énergie agit comme un potentiel, une possibilité de création.
Grâce à tous les moyens qu’il met en place, il essaie de réconcilier l’homme avec son environnement par le biais de la créativité. Il provoque la communication pour que l’homme brise son cocon et se mettre à penser, à réagir, et ainsi se remettre à créer.
Aussi lorsqu’il met en place des œuvres massives avec une grande présence physique censée contenir une grande quantité d’énergie retenue par cette forme puissante, c’est pour réconcilier l’homme avec son corps. L’homme doit se rendre compte de l’énergie, du potentiel qu’il possède en lui et qui est entravé par la société moderne ou sa vision de celle-ci, il doit donc tout faire pour changer cela.

L’une de ces œuvres portent le titre : « Montre ta blessure ». Il s’agit d’un double chariot muni d’un thermomètre destiné à transporter des cadavres ; sous ces chariots des une caisse avec dedans de la graisse. Les chariots abritent donc, visible sous leur couvercle mortuaire, un processus vital réel en cours ( la graisse). Des tôles de zinc, des fourches ceintes de foulards, des plaques d’ardoise, des écorçoirs complètent la réalisation pour créer un climat. «  Montre ta blessure, parce qu’il faut révéler la maladie que l’on veut guérir » dit Beuys. Autrement dit, l’exposition au jour de la blessure permet de la soigner, mais aussi : la blessure n’est pas immédiatement visible, la mettre au jour, l’exposer, requiert un travail qui ne va pas de soi.
La théorie beuysienne a pour tâche primordiale de rendre manifestes et perceptibles des symptômes en leur conservant leur statut sensible, c’est à dire sans les convertir en significations symboliques pré-interprétées.
Il dit : « Mes travaux sont le résultat d’une longue étude. Ils sont comme en provenance d’un institut de recherche. Et pourtant mes choses se présentent en tant que questions, pas en tant qu’affirmation. »

La recherche, une longue étude, des questions et pas de certitude ! Tout à fait ce que nous évoquions plus haut. Il pense aussi que la transformation d’une hantise informe en une construction plastique autorise le travail sur soi et sur son environnement auparavant interdit. Elle est la condition d’un possible retour à la santé, individuelle et collective.

Pour conclure ces propos, quelques citations sur l’art…

«Le créateur ou le poète n’est point celui qui invente ou démontre, mais celui qui fait devenir. » Saint-Exupéry, Citadelle.
«L’art permet d’accéder à des dimensions de la réalité qui ne sont pas apparentes mais qui ont une existence. Ainsi tout artiste sait que sa peinture ne révèle pas une réalité mais de multiples réalités.

On appelle «Paramount Reality » la rencontre et la communion entre le public et les réalités non visibles d’un tableau. »                                                                            TRAFUL- Artiste peintre. Paris 1993

« L’art pour l’art est un mot creux, absolument faux et qu’on a perdu bien du temps à vouloir définir sans en venir à bout : parce qu’il est tout bonnement impossible de trouver un sens à ce qui n’en a pas… C’est qu’il n’est pas possible d’être poète ou artiste, dans aucun genre et à quelque degré que ce soit, sans être un écho de l’humanité qui s’agite ou se plaint, qui s’exalte ou se désespère.» George Sand in Questions d’art et de littérature, pp 25, des femmes éditeur 26.

Pour moi, la peinture reste quelque chose d’instinctif, un véhicule pour exprimer des émotions.
                                                             Francesco Clemente. Artiste Peintre ( Paroles d’artistes 2000)

L’art est pour nous une forme de la vérité, une expression de la vie, tout aussi utile, tout aussi importante, tout aussi nécessaire au progrès que la polémique politique et la discussion parlementaire. (George Sand in Questions d’art et de littérature, des femmes éditeur p 177)

 


Ma démarche et mon univers…

muriel-cayet-novembre-2008
Atelier de Mareuil sur Arnon - Automne 2008


Il est évident que l’on ne peut considérer l’art comme un concept statique, un état figé. Art et évolution vont, à mon sens, de pair. Il en est de même pour l’art visuel qui évolue sans cesse et qui permet à toutes les formes artistiques d’évoluer elles –aussi. Plus pragmatiquement, le fait de pouvoir exposer virtuellement ses toiles sur le Net permet de gagner du temps, de montrer son travail au monde entier en quelques secondes et les retours multiples prouvent que les visiteurs sont nombreux et cela permet à l’art de se propager plus rapidement encore et d’envahir positivement la plupart des foyers au moins occidentaux. Bien entendu, nous devons rester vigilants face à l’image et à ces éventuelles manipulations, sur le plan sociologique entre autres. Mais avouons tout de même aussi que bon nombre de nos visiteurs virtuels se trouvant face à nos toiles lors d’expositions « réelles » ou « physiques » disent : cela n’a rien à voir avec l’image, c’est beaucoup mieux en « vrai » ! Et tant mieux que cela soit mieux en vrai, la surprise est bonne, mais il n’empêche que nos visiteurs virtuels auront été invités à cette exposition physique via leur ressenti à la vue de l’image …
Jusqu’où irons-nous et quels seront les impacts du progrès technologique sur le regard des amateurs
d’art ?... Bien grande question, à laquelle évidemment, je ne me risquerais pas de répondre… A nous artistes, de demeurer lucides, vigilants mais néanmoins ouverts à toutes les innovations légitimes, et de privilégier toujours, mais plus encore pour soi, pour le plaisir très personnel que cela procure de manipuler de tels outils, la plume et l’encre ou la toile et le pinceau…


                                                                                faena di gondole


Atelier d'art et d'art-thérapie de Mareuil sur Arnon - décembre 2008


                                                  Ma démarche artistique :
Je vais devoir ici envisager deux états qui en fait n’en font qu’un : celui d’artiste et celui d’art-thérapeute ou artiste accompagnant la création, ou comme encore artiste compagnon de voyage ( termes choisis et bien choisis par MC Joulia, Artiste-peintre, compagnon de voyage à l’hôpital psychiatrique de Bourges). En atelier, nous sommes tous des co-créateurs et nous devons apprendre à créer en compagnie, et parfois à être seuls en compagnie, ou encore à accompagner dans la création en se mettant soi en retrait ! J’aime ce rôle de troisième regard, d’œil étranger mais néanmoins ami qui se pose sur les toiles ou les écrits de ceux que j’accompagne : je suis comme le guide de haute montagne, j’assure la voie, et ensuite… je me mets en retrait pour ne jamais gêner l’autre dans l’expression.

                                                  Etre seul… en compagnie !
Quand j’écris – pour moi- ou quand je peins, je suis seule le plus souvent, mais jamais je ne me sens quelqu’un de particulier, en dehors de la réalité et des préoccupations du quotidien. Mais je me sens incontestablement plus riche, plus forte aussi, parce que je dispose de ce plus qui me permet de rejeter tous les miasmes de ce quotidien, de les rejeter en les magnifiant par la création artistique. Les artistes sont peut-être des gens à part en ce sens qu’ils sont des éponges et qu’ils absorbent tout : le Bon, le Bien, le Beau, sans doute, mais aussi tout le reste et jusqu’à l’engorgement. Heureusement, l’expression est là pour permettre d’évacuer, de dire, de rejeter…dans l’urgence ou dans la réflexion, et de sublimer – concept primordial mais bien compliqué que celui de la sublimation…- les pulsions, mais aussi les peurs, les doutes, les traumatismes – autre concept primordial que celui de la résilience …

                                                               Créer…


Dans l’acte créatif «pur» il n’y a souvent aucune préméditation, mais une sorte d’instinct, d’obligation vitale fulgurante qui pousse l’artiste peintre à ses pinceaux et à sa toile blanche, et l’auteur la plume et la feuille, blanche elle aussi. «Peindre s’est se créer soi-même ».
Picasso disait aussi : «si l’on sait exactement ce qu’on va peindre, alors à quoi bon le peindre ».Ce constat m’oblige à m’arrêter un instant sur l’absence de préméditation et sur le besoin vital de créer, et comme je parle de ce que je connais, d’écrire par exemple.

Je ne puis qu’adhérer et confirmer que je ressens moi aussi en commençant une histoire une sorte de vide magnifique, un chemin à tracer, des vies à enfanter, des articulations à huiler, un vaste programme dont je sais que je sortirai grandie, changée, enrichie, mais que je démarre en ignorant absolument où je vais véritablement. Je dispose de pistes, de clés, d’un fil conducteur, certes, mais je ne connais pas les aboutissants de ces postulats. Parfois une histoire peut naître d’un mot ou d’une image, d’une sensation, d’une odeur, elle naît mais on sait intrinsèquement, presque viscéralement qu’elle était en nous, prête à mûrir, qu’il suffisait d’un élément extérieur anodin le plus souvent, pour que tout s’enchaîne. Absence de préméditation certes, besoin immédiat à satisfaire comme dans l’urgence d’un besoin vital, encore, mais aussi une notion plus vague qui n’est pas uniquement celle de précaution évoquée dans le manuel, mais je dirais de prédestination.
Comme si tout ne demandait qu’à se mettre en œuvre, naturellement, mais d’une manière obligée. Comme si aussi, nous nous fixiions un but, celui de donner absolument un sens à chaque œuvre, qu’elle soit littéraire ou picturale pour ce qui me concerne et qui a chaque fois, rend la vie plus riche, plus pleine, plus ronde, plus consciente et plus aboutie.

Tous ces qualificatifs me poussent à ne jamais cesser de créer, pour accomplir, pour aboutir, pour avancer, creuser encore et travailler, sur soi, acquérir des connaissances, mais aussi marquer de son empreinte son temps, graver les mots et les couleurs, pour transmettre quelque chose, l’essence de soi, pour que ce passage sur terre serve à quelque chose, pour qu’une part de soi demeure après la mort. Certes la maternité permet aussi de ressentir cette possible survivance, cette poussière d’éternité, c’est pour certaines et certains, l’une des plus belles œuvres qu’une femme puisse créer !
On naît souvent au monde et à une certaine forme de connaissance de soi en mettant au monde un enfant et ce processus naturel, mais magique, se retrouve dans la création d’une œuvre artistique.
Nature et magie se mêlent pour tenter d’atteindre une certaine forme d’éternité. Créer ou recréer le réel, quand on a conscience de sa magie, devient un besoin vital, presque aussi irraisonné que peut l’être le désir d’enfant, ce si inexplicable sentiment qui naît au fond de soi.
Je suis femme, mère, auteur, coloriste et art-thérapeute, je cherche aussi, je trouve parfois, je n’ai aucune autre certitude que celle de vouloir toujours avancer, pour que ce passage, cette vie, serve à quelque chose, que j’aie l’absolue conscience de vivre chaque instant, que je ne passe pas à côté de cette magie.
La création quelle qu’elle soit, permet de donner un sens à sa vie et je dirai plus encore, un sens à la mort… qui n’a de sens que si elle ne représente pas une fin absolue, mais une cessation d’existence, le souvenir, la mémoire, les œuvres demeurant.

Absence de préméditation, besoin vital, énergie intrinsèque et viscérale, volonté consciente ou non de marquer son temps, de transmettre : c’est ainsi que je ressens, que je comprends la création artistique.

 

Il me revient en mémoire à ce stade précis de cette analyse, le très intéressant livre de Viktor E. Frankl ( psychiatre, docteur en médecine, philosophe, né en 1905 en Autriche et longtemps prisonnier des camps de concentration) Découvrir un sens à sa vie … avec la logothérapie qui aime à citer Nietzsche : « Celui qui a un « pourquoi » qui lui tient lieu de but, de finalité, peut vivre avec n’importe quel « comment ».

Et ne pourrions-nous pas aller plus loin en considérant que chacun a un pourquoi, que chez tout individu, même en situation de difficultés, de souffrance, de rejet, de désastre personnel, persiste des zones sensibles, actives, primordiales capables d’entrer dans une dynamique de vie, de résistance et dans le domaine qui nous occupe, de création, de succès par la création, de reconquête de l’estime de soi par l’expression artistique.
De la toile blanche à l’œuvre réalisée, les pensées les plus profondes, les nœuds et les blocages, les désirs prennent forme, remontent à une forme de mémoire vive qui s’exprime par le pinceau, ou les notes, ou l’écriture ou encore les mouvements du corps, mais transformés, sublimés ou encore éloignés.
Lutter contre le vide existentiel, donner un sens à sa vie en ayant conscience de sa responsabilité, être conscient du caractère limité de la vie et irrévocable de ce que nous faisons de notre vie et de nous-mêmes ; il semblerait que les artistes, poussés par cet irrépressible besoin de créer toujours, soient plus « riches » mais aussi plus à l’abri de ce vide existentiel.
L’accomplissement d’une œuvre est vital pour l’artiste, certes, mais en donnant un sens à sa vie, il s’éloigne aussi du vide existentiel, ce qui n’exclut pas l’angoisse de la création, de la difficulté de créer… mais c’est autre chose !
Et les artistes gravent ce passé, le martèlent ou l’offrent non pas seulement pour atteindre l’éternité, mais pour donner un sens à ce passage éphémère et aléatoire qu’est la vie.
Je retiendrai pour ma part cette phrase de Flaubert, que je fais non seulement mienne sans réserve, mais qui se rapproche étrangement de notre sujet de réflexion :

                            «L’art n’est grand que parce qu’il grandit. » (Correspondance à Louise Colet 1847).



                                                                                                       Le marais mauve de Shannon

 

                                                         



Atelier - novembre 2008

 

La vocation...



Mon illustre voisine, George Sand a dit : «Je n’ai jamais voulu être autre chose qu’un artiste» et je reprendrai volontiers ces termes ! Je crois que jamais je n’ai voulu être autre chose qu’une artiste et même si j’ai fait des études dites classiques de Droit et à l’Ecole du Louvre pour devenir commissaire-priseur – ce que je ne suis pas devenu pour des raisons d’achat de charges etc…- et que j’ai passé des années à travailler comme médiatrice, je savais que je désirais créer et accompagner des personnes dans le processus de création . Je le savais depuis l’âge de 15 ans. C’est après sept années d’études dans divers instituts que je suis devenue art-thérapeute en appréhendant pendant des années le processus de création, en me colletant avec les outils que sont l’écriture, le récit de vie plus particulièrement et bien entendu avec la toile et les couleurs !
J’étais artiste, mais je le suis surtout devenue. C’est un chemin qui se vit au jour le jour, c’est une quête, c’est un questionnement perpétuel que l’état de créateur. Je n’ai jamais pris la décision de devenir artiste : elle s’est imposée à moi, au fil du temps, au fil des études, au fil du travail personnel, des réflexions…
Et ce n’est pas un but en soi, un état figé, une position dominante, une situation stable ! Loin s’en faut : c’est un travail de chaque seconde, une remise en question permanente, une volonté affirmée aussi de ne jamais camper sur ses positions mais de chercher, creuser, approfondir, avancer, en un mot : travailler !
Mon père est peintre, mes deux grands-pères l’étaient aussi, ma mère travaillait dans le domaine de l’art avec des commissaires-priseurs ; aussi jamais ne sont-ils venus gêner la création chez moi, bien au contraire. Ils l’ont toujours encouragée ! A quatre ans, j’ai créé mes premières toiles abstraites et mon grand- père paternel me faisait composer des dégradés et des dégradés de couleurs ; des pages de dégradés ! Aujourd’hui à chaque coup de pinceau, je le remercie !!!
Comme je le disais précédemment, je n’ai jamais cessé de peindre, d’écrire, de créer toutes sortes d’objets, de modeler, de faire de la photo aussi et ce depuis l’âge de 4 ans. Je crois n’avoir jamais connu un seul moment d’ennui véritable – je ne parle pas ici de l’ennui recherché, voulu, souhaité que j’appelle plus volontiers contemplation, et mes parents ont souvent dit que précisément, je n’avais jamais dit : « Je m’ennuie ». Ce fut comme une sorte d’évidence pour moi ; vivre, créer, respirer, apprendre, créer, travailler, créer…

                                                                Apprendre…
Je parlais plus haut de chemin, de parcours, de route et pas forcément toute tracée. Je crois qu’on avance dans la création, on cherche, on trouve aussi et surtout on a de belles surprises et sans cette découverte de soi, cette rencontre avec soi, je ne crois pas qu’on continuerait de créer. Créer c’est aussi se dire à soi qui on est… et ce qui vaut pour l’un, autrement dit pour moi, ne vaut pas forcément pour d’autres artistes…

                                               Les bons souvenirs d’exposition…
Sans hésiter : la rencontre avec les enfants, les tout-petits – de 2 ans à 5 ans- qui ont posé de bonnes questions ! C’est fou ce que les enfants comprennent qu’on doit ressentir, qu’on doit s’émerveiller avant de chercher à comprendre… comprendre quoi d’ailleurs ? Un voyage intérieur, un lâcher-prise ; cela ne se comprend pas, cela se vit, intérieurement et les enfants savent parfaitement le faire !
Des souvenirs malheureux ? Non, je ne vois pas ! mais je suis comme les enfants, je m’émerveille de tout, et je transforme tout en actions, en émotions positives, en influx, en énergie de vie. Alors non, je ne vois pas !



Vernissage des toiles - Atelier de Mareuil - mai 2009


                                                                   L’avenir…

Evidemment la possibilité de créer et de montrer son travail sans être entravé par des soucis d’ordre mercantile ; mais c’est sans doute beaucoup demander et les mécènes ne sont pas légion… !!!
En tout état de cause, permettre aux artistes de bénéficier de moyens concrets d’exposer leur travail sans avoir à payer des sommes folles, de se mobiliser les uns les autres afin de pouvoir louer des espaces à des prix compétitifs. Créer dans son coin est une chose, même une bonne chose, mais à un moment ou à un autre, on a envie et besoin de s’exposer, d’ouvrir sa production au plus grand nombre, de dire aux autres aussi, après l’avoir appris de soi dans la création, oui de dire aussi aux autres : voilà qui je suis !
C’est moi ! Alors un rêve serait de permettre aux artistes professionnels de voir organisée pour eux, une exposition dans un bel espace, ne serait-ce qu’une exposition par an. Une exposition gratuite, financée par les institutions, les collectivités territoriales, le mécénat, les Pouvoirs Publics, que sais-je…
La reconnaissance, la gloire, la notoriété : je n’en parle même pas. Je parle simplement de la possibilité de créer, d’exposer, de dire, de faire avancer une certaine forme de réflexion, de faire rêver les uns et les autres, de permettre le voyage intérieur, et pourquoi pas l’éblouissement, l’émerveillement.
Oui, le plus beau des rêves serait de bannir le désenchantement et de permettre l’émerveillement : donnons aux artistes cette possibilité ! Ils ont un rôle social à jouer ; ne le nions pas, bien au contraire !
Travailler ! Lire, apprendre, regarder, vivre, sentir, écouter, écrire, ouvrir toutes les vannes, et lacher-prise et s’offrir au monde… et plonger, y aller, sans résistance, laisser faire, et dire, dire vraiment Comme je le disais plus haut, l’artiste crée seul, le plus souvent, mais il n’en demeure pas moins un être social, qui a besoin de se sentir épaulé, de se sentir compris voire aimé par d’autres artistes qui comme lui, connaissent les doutes, les questionnements, les affres parfois de la création. Il doit pouvoir sans cesse être seul en compagnie. Nous savons, nous artistes, que d’autres sont là et travaillent pour nous mais surtout avec nous. Et nous avons besoin de ces échanges, de nous dire aussi, les uns aux autres, qui nous sommes ! Pour avancer toujours et encore, et je le répète, on avance sans doute beaucoup plus vite en étant accompagné, avec le regard extérieur, cette troisième oreille, avec l’Autre, bienveillant et attentif, voire critique, mais lucide, et ami.



                                        Takumi

 

Méli-mélo d'ateliers et d'expositions d'ateliers 2003 - 2007

 

 

Une réflexion sur le désenchantement…
L’art-thérapie ou ré-enchanter sa vie !

                                                                                               Par Muriel Cayet

                   Le désenchantement comme point de départ à la création

Dans un premier temps, il est utile de définir le désenchantement. Désillusion, perte de l’idéal, de l’harmonie, de la confiance en soi, dans ses idées, dans ses choix ; c’est tout cela le désenchantement.

Il existe plusieurs attitudes que chacun peut adopter face au désenchantement : le repli, le recul, la réflexion, la prise de conscience vers de nouveaux choix et un nouvel élan, le désenchantement comme tremplin vers une nouvelle donne ce qui est une issue plutôt positive au désenchantement, mais aussi la chute, la dépression, la mélancolie ou la nostalgie maladive qui pourraient constituer le versant négatif de la perte des illusions.
La création littéraire peut certainement mettre fin au désenchantement, en privilégiant l’action, dans l’acte créatif, et une satisfaction, un plaisir esthétique.

         Le désenchantement ou la perte des illusions : «J’ai perdu ma force et ma vie ». Musset

Le mot désenchantement suscite dans mon esprit comme une immédiate baisse d’énergie, elle se visualise par une sorte de ballon de baudruche qui se dégonflerait, se flétrirait irrémédiablement, par une lumière crépusculaire, par la peau de chagrin. La mort des elfes et des mages ; la disparition du magique. Le romantisme français s’est penché avant moi sur la mélancolie, la désillusion, la nostalgie, le spleen, le «  bovarysme ». Ce romantisme se définit par une prédominance du Moi et de ses sentiments. Cet accent mis sur l’individu se comprend aisément ; la génération romantique naît alors que tous les repères collectifs et ancestraux viennent de s’effondrer. En effet, après les espoirs suscités par la Révolution de 1789, les années napoléoniennes, la Restauration ne propose qu’un régime réactionnaire et mesquin. Après plusieurs décennies où la France avait été au centre de l’Histoire, à l’avant-garde de l’aventure humaine, la société proposée aux jeunes, entre 1815 et 1825 semble fade, propice au repli sur soi.
La prédominance du Moi a pris des formes très diverses. Chez Stendhal, le culte du Moi se confond dans une quête effrénée de bonheur, alors que chez Hugo, le Je du poète constitue le centre de la création divine et il est donc, plus que tout autre, capable de comprendre les finalités de l’univers. Pour Hugo, comme pour Novalis et Hölderlin, le poète ressemble à un prophète à un voyant.
La primauté du Moi et la confrontation à un univers social désespérément ennuyeux expliquent la double importance de la passion et du désenchantement.

La passion amoureuse qui se nourrit d’obstacles et de dépassements (Tristan et Isolde de Wagner), et quand elle ne peut triompher, si elle ne peut être satisfaite, et chez les romantiques elle l’est rarement en dehors de la mort, le désenchantement apparaît. On parle alors de Mal du Siècle, de nostalgie, de mélancolie. Le romantisme relève d’une esthétique du malheur ; il a mis en scène d’éternels automnes, des soleils couchants toujours répétés et le suicide devient un thème à la mode.
Le romantisme est sans doute l’un des courants littéraires encore très près de nous. La dynamique entretenue entre un univers social insatisfaisant, la quête de passion et le désenchantement, actuels, ne me semblent guère éloignés de ceux d’il y a deux cents ans !

J’ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaieté
J’ai perdu jusqu’à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.

Quand j’ai connu la Vérité,
J’ai cru que c’était une amie ;
Quand je l’ai comprise et sentie,
J’en étais dégoûté.

Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d’elle
Ici bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu’on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d’avoir quelquefois pleuré.

Tristesse. Musset. 1840


Dans «La confession d’un enfant du siècle » publié en 1836, Musset prend pour modèle Saint-Augustin et Chateaubriand et met en scène un jeune homme (lui). La confession de Musset renvoie à une interprétation historique et psychologique du personnage. Dans la première partie, il analyse le mal dont souffre sa génération, ce mal du siècle, et explique le nihilisme romantique par la chute de l’Empire.Désenchantement et idéalisme, badinage et emphase, romantisme et classicisme ne sont vraiment réconciliés que dans ses pièces. Lorenzaccio (1834) témoigne de l’idéalisme naïf et du cynisme de l’auteur et renvoie à l’angoisse de vivre ; contradiction dans laquelle réside incontestablement la modernité de Musset (mais aussi des thèmes évoqués). […]
Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m’en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien ne manque au monde, immense et radieux.

Soleils couchants. Hugo. 22 avril 1829
Le désenchantement se ressent, se comprend, se vit, se lit. Il n’est pas un thème poussiéreux, mais au contraire très moderne.

                                     Un peu d’histoire et de sociologie

Depuis le développement de la sociologie au XIX ème siècle, le thème du désenchantement est récurrent pour qualifier le monde moderne. Mais qu’entend-on par désenchantement ? Faire cesser le charme mais aussi perdre son enthousiasme. Tout comme le mot illusion, le mot désenchantement possède à la fois une connotation positive mais aussi un sens éminemment négatif. Tout le débat sociologique vient de ce que ces significations ne sont vraies qu’a priori. L’expérience du monde moderne a prouvé qu’à la disparition des sortilèges a pu se substituer un monde complexe où fourmillent les nouvelles formes de croyances plus pernicieuses ; de même la désillusion n’est pas nécessairement une mauvaise chose puisqu’elle dérive une certaine prise de conscience de la part des individus.
Sur le plan sociologique, le mot désenchantement concorde avec l’évolution sociale qu’il caractérise. Réservé jusqu’à lors au sens strict de « cessation du charme » le mot désenchantement acquiert sa signification actuelle en 1802 née des circonstances historiques évoquées plus haut.

Les penseurs-sociologues, dès la naissance de la discipline, se sont révélés pour la plupart nostalgiques d’un ordre passé, celui d’une société communautaire. Ce désenchantement, c’est la prise de conscience du monde moderne. L’individualisme n’est pas aussi facile à intégrer dans la société. Durkheim n’aurait pas vu de contradiction entre conscience individuelle et conscience sociale, mais simplement une autre organisation de la société, la solidarité organique étant le nouveau ciment social, la nouvelle « religion » de l’homme. Cette vision pessimiste du changement social envisage donc le désenchantement sous ses deux aspects : la perte des croyances est perçue comme un drame pour l’humanité ; le XIX ème siècle serait alors l’époque de la prise de conscience des effets pervers d’un progrès technique couplé avec la Révolution Française, autrement dit, une désillusion complète.
On constate une dissolution des liens sociaux issus de structures traditionnelles émettrices d’  « enchantement », telles la famille ou la religion.

«  Le destin de notre époque caractérisée par la rationalisation, par l’intellectualisation, et surtout par le désenchantement du monde, a conduit les humains à bannir les valeurs suprêmes les plus sublimes de la vie publique. » Max Weber : Le Savant et le Politique, 10/18 ; 2002).

Désenchanter le monde serait donc de croire que nous pourrions, à condition de le vouloir, nous prouver qu’il n’existe en principe aucune puissance mystérieuse et imprévisible susceptible d’interférer le cours de la vie ! Weber constate une sorte de nivellement des valeurs, une égalisation des individus. Il décrit un monde qui atrophie le sens mystique du sublime pour mieux hypertrophier la raison et l’individu.

Le désenchantement du monde est corrélatif du passage au monde moderne, avec l’évolution du rôle de l’Etat, le nouveau rapport à la religion, mais aussi et surtout l’alphabétisation. Les sortilèges de l’imaginaire médiéval, même notés sur des grimoires ou des parchemins, étaient des sorts oraux à l’image des malédictions lancées par les sorciers sur les bûchers de l’Inquisition. Le mot enchantement vient du latin « cantare » - chanter. Le passage à l’écrit est aussi une marque d’individualisation anonyme qui caractérise le monde moderne.

Le monde moderne – désenchanté… ou pas – n’a pas perdu tous ses repères « sacrés ». Le « politique » a certes pris la place prépondérante du « religieux »

Il convient maintenant de se pencher sur la vision contemporaine du désenchantement comme désillusion. Le XX ème siècle a réveillé les vieilles peurs millénaristes. Mais il a surtout révélé la nature humaine sous un jour nouveau : l’idée du suicide collectif évoqué par Sartre après Hiroshima. L’idée optimiste d’un progrès permanent de l’esprit humain – Condorcet, Kant- est plus aussi évidente qu’à l’âge d’or de la philosophie moderne. La sociologie a joué un rôle majeur dans la révélation du désenchantement. Avec Bourdieu et le principe du « dévoilement » on peut dire qu’elle a contribué à la prise de conscience de l’individu.

Etre désenchanté ne signifie t-il pas aussi être devenu conscient ? Avoir ouvert les yeux ? Rejeté les faux idéaux ? Compris le monde en marche ?N’est-ce pas le prix à payer pour plus de lucidité ? Sans doute !

Mais désenchantement va aussi avec amertume, désillusion, va avec l’esprit de celui qui est revenu de tout, désabusé, et se refuse à se laisser prendre à un quelconque enchantement pour ne plus souffrir d’être trompé. Le désenchantement s’accompagne de souffrances, de recul, de chute. On n’imagine pas un être désenchanté, la tête haute et le corps droit : l’être désenchanté est courbé, plie sous le poids des erreurs de jugement, des manquements, et se replie sur lui-même, meurtri, pour prendre de la distance, ou se morfondre. Une autre image colle à celle du désenchantement non plus du  monde, mais de l’individu, c’est la solitude.


Le désenchantement individuel.

Tout commence par la désillusion, la perte des repères, socialement et affectivement et par l’instauration inconsciente et pernicieuse d’une mauvaise image de soi.

Face à ces déceptions, ces désagréments, ce désenchantement, l’individu peut réagir de plusieurs manières :
- L’acceptation (en minimisant la déception, en trouvant l’impulsion d’une nouvelle donne)
- La fausse acceptation (déni, refoulement)
- La fuite (l’individu se replie, se recroqueville, cherche à se protéger lui-même).
- La recherche active de compensation (recherche d’autres « enchantements »)
- Le silence, l’absence de communication.

Le questionnement existentiel

Plus ou moins consciemment, chacun s’interroge sur le sens de sa vie. Orwell a dit «  La vie procure à la plupart des gens une dose raisonnable de joie et de plaisirs, mais au total, elle est souffrance et seuls les très jeunes ou les très fous peuvent s’imaginer autre chose ». Devons-nous en déduire que nous sommes tous des êtres désenchantés en puissance ? La vie, voie sans issue ?
Certainement pas ! Que nous soyons désenchantés – par essence, même si cela se discute- n’implique pas que nous ne soyons pas conscients de notre rôle à jouer, de la difficulté de la vie, des souffrances à intégrer, mais aussi lucides, désireux de trouver un sens à sa vie, d’avancer, de se trouver « acceptables » ! Au désenchantement, je préfère l’espoir, qui vient parfois immédiatement après la chute !

Redonner l’espoir, redonner confiance, réapprendre à sourire, se relever, s’accepter, se faire plaisir ! Je préfère cela ! Après avoir pris conscience que le bonheur n’existe pas mais que nous pouvons néanmoins accéder à de merveilleux moments de bonheur, après avoir compris que la vie n’est pas faite que de plaisirs, mais aussi de contraintes, d’organisation, mais que nous disposons, si nous le voulons, si nous voulons bien y croire, de grands espaces de liberté, pour apprendre, créer, penser, s’exprimer, nous pouvons, sans doute donner à notre vie des couleurs, résolument plus vives que celles des ombres et des soleils couchants des romantiques, moins grises que le Spleen.

L’harmonie universelle est une illusion, mais tendre à l’harmonie est un devoir inhérent à chacun. Dans « Utopie et désenchantement » ( Gallimard- L’Arpenteur, 2001) Magris affirme que la vie n’a pas de sens mais que la tristesse qui accompagne cette conviction indique qu’il faut en postuler, un, modestement, vigoureusement. Se tenir entre  « L’utopie et le désenchantement, inventer ironiquement l’espérance, et c’est ce que la littérature qui se pose souvent par rapport à l’Histoire comme l’autre face de la Lune, laissée dans l’ombre par le cours du monde, nous apprend, celle de Cervantès ou de Péguy. »

Tout ceci s’apprend avec la pratique de la vie, avec l’expérience de l’existence à condition de renoncer pour toujours, avec lucidité, à ce qui peut être qualifié d’impossible, à condition de renoncer au besoin de posséder ou d’être une globalité, de renoncer à l’harmonie complète ou à son illusion.Ce travail de lucidité, permet de se situer entre la déception magistrale et l’émerveillement, et de découvrir que nos imperfections, nos impuretés peuvent être joyeuses, libératrices à l’opposé des fanatismes et des mensonges, et d’accueillir une sorte d’inquiétude acceptée, mais joyeuse, qui permet encore de s’attendrir, d’inventer des histoires, de tomber sous le charme, de resplendir de bonheur, parfois, à certains moments, salvateurs. Pour atteindre cette espérance, pour en finir avec le désenchantement, il convient de se placer lucide, conscient de son rôle, de ses atouts, de ses contraintes, et responsable, avec ironie parfois, avec humour, avec cœur encore, réinventer toujours le monde, avancer, grandir, choisir.

La morale devient une esthétique et réciproquement, et comme aurait dit Baudelaire, naturellement pour fonder l’entreprise de vivre, menue, immense. Quelles sont nombreuses les possibilités d’embellissement du monde et d’émerveillement personnel !

Mais quand plus rien ne vous parle, que vous ne voulez plus entendre personne, que les portes intérieures se referment sur la mélancolie, le désenchantement, une aide, concrète, salvatrice, peut vous permettre de voir le monde plus beau et de vous voir plus beau, plus à votre place au cœur de ce monde, je veux parler bien entendu de l’art-thérapie et plus particulièrement de ce qui nous occupe ici : l’écriture.En redonnant confiance, en permettant de redécouvrir l’émerveillement, en se plaçant comme producteur de sa vie, en y mêlant le Beau, le Bon, le Bien, cet esthétisme et cette morale –personnels- , chacun peut sans doute, voir le monde plus beau. Les personnes marginales sont ou se sont souvent mises à l’écart de la société par désenchantement (attitude de rejet de la société des délinquants, toxicomanes, chômeurs…). JP Klein écrit ( L’art-thérapie, PUF, p. 91) : « Le marginal en difficulté peut ainsi trouver ( dans les ateliers) sa propre voie et sa propre place, s’assumant comme sujet qui se revendique non par rapport à un centre extérieur à lui mais comme le centre de sa propre territorialité. Le conte, la photo, le théâtre, la danse, l’écriture sont ainsi proposés à des zonards, des prisonniers, des habitants des quartiers difficiles. » (autrement dit à des désenchantés). L’écrivain Armand Gatti travaille avec des délinquants et des toxicomanes, chacun devant retrouver sa dignité, élaborer des projets individuels et les mettre en adéquation avec les possibilités institutionnelles.

François Bon, également écrivain, a quand à lui mis en place des ateliers d’écriture dont la pratique tend à se développer considérablement depuis ces dernières années. François Bon est, sans aucun doute, l'un des témoins privilégiés de ce phénomène puisqu'il anime des ateliers d'écriture auprès de publics très divers depuis plus de dix ans - publics en situation extrême, lycéens de banlieues difficiles, Rmistes à la dérive, détenus, étudiants, acteurs de théâtre, enseignants . Le travail de François Bon passe avant tout par la recherche d’une réelle adéquation entre les participants et leurs préoccupations, leur mode de vie, leurs repères, afin de leur permettre de recouvrer une bonne image de soi, de relancer en quelque sorte la machine de la socialisation, mais plus encore, celle de l’émerveillement, de l’acceptation de la beauté, de la bonté :
" Il m'a semblé que j'étais coupé de quelque chose de vivant. Et cela s'est seulement rétabli à partir du moment où j'ai régressé, je veux dire où l'écriture a retrouvé une fonction première, originelle, qui est la profération, la diction. " Peut-être avoir retrouvé cette fonction première en se confrontant au lieu d'une violence radicale, là où tout bascule.François Bon n'est pas tant à la recherche d'un langage, qu'à l'écoute de ce " lieu de violence " chez ceux qui, en errance et en rupture, laissent sourdre une vérité cachée de notre monde, à travers la manière brutale et primordiale qu'ils ont d'agencer les mots. " Découvrir comment, chez ceux-là, ces mots témoignent sans le nommer de ce qui se passe en dehors d'eux ", dit-il à propos du travail qu'il fit à Tours. Il y a animé un stage avec dix acteurs professionnels. Ensemble, ils sont allés aux franges de la ville pour tenter de la nommer ; la parole échangée va révéler les craquements, les failles ou les fractures de personnages apparemment lisses mais absolument désenchantés, comme vidés d’une certaine substance, celle des espoirs promis et de l’espérance toujours possible.
Tout ceci peut être réalisé par la création littéraire dans un camp de concentration, seul face à soi-même, à si peu de soi-même ou face à rien que soi-même, ou dans le cadre d’un atelier d’écriture, pour contrer le désenchantement, pour sortir de l’isolement. Ne plus avoir peur de se trouver « seul en compagnie », ne plus avoir peur de se trouver réellement face à soi… Et dire, se dire vraiment et ré-enchanter sa vie en la reprenant en main !

 

Membre de la Société Internationale de Psychopathologie de l'Expression et d' Art-Thérapie (S.I.P.E)
Membre de la Fédération Multiculturelle d' Art-thérapie

 

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Muriel Cayet, artiste peintre, coloriste, peinture abstraite, art-thérapie, reprise de confiance, émotions colorées